La cloche d'Islande de Halldor Kiljan LAXNESS

~4ème de couverture: Lire un tel livre, à la fois historique - encore que librement romancé-, épique et dramatique c'est bien plus que se plonger dans une atmosphère tant soit peu exotique et découvrir un décor, une action, une époque et un univers facinants. C'est aller , aux sources mêmes de notre civilisation et de notre culture, en leur esprit, c'est vivre quelques uns de leurs maitres mots, ici lourds de chair et de sang, et qui s'appellent indépendance, liberté, dignité, honneur, courage.

Car il n'a jamais été facile d'être islandais. Et Laxness, prix Nobel en 1955, qui mériterait d'être apprécié chez nous à l'égal de Cervantès, de Tolstoï ou de Hamsum, le sait mieux que personne

une phrase: "Puis elle lui dit les mots qu'elle avait chargé l'homme que son père avait condamné à mort de transmettre à son bien-aimé, depuis Thingvellir au bord de l'Oxara, autrefois, et qui disaient: si mon maitre peut sauver l'honneur de l'Islande, quand bien même j'essuierais des affronts, son visage brillera toujours tout de même aux yeux de sa vierge claire"

Voilà un livre que j'avais emprunté avant mon départ en Islande, et qui m'a d'ailleurs accompagné jusque là-bas. Mais les journées étant si bien remplies, et la priorité de mes lectures sur place étant mes 3 guides de voyages, je n'avais lu que la préface... A mon retour, je me suis plongée dans cette histoire, avec l'espoir d'y retrouver un peu des images et des émotions de mes vacances islandaises.

Ce roman présente une image à la fois totalement différente et pourtant si proche de l'Islande présentée dans les livres d'Olafsdottir. Différente car il s'agit ici d'une fresque historique, véritable épopée moyenageuse se déroulant sur plusieurs décennies. A l'image des sagas, les personnages vivent de grandes aventures et leurs destins s'entrecroisent de manière tragique. Proche, justement par ces personnages forts, décidés, fiers et combattifs, volontaires et pourtant résignés de leur sort et de leur destinée. Ils sont attachants, et pourtant, je crois, difficiles à comprendre pour un tempéramment européen.

Enfin, si j'ai mis tant de temps à lire ce roman, malgrè l'histoire assez intéressante, et l'envie d'aller au bout de cette fresque, c'est que certains passages sont assez ardus, notamment les dialogues. J'ai souvent rencontré des difficultés à comprendre ce que voulaient dire les personnages, qui parlent parfois en vers ou de manière imagée, et ai dû relire certains paragraphes plusieurs fois. Aussi, avec un tel effort de concentration et de compréhension, un ou deux chapitres par jour étaient suffisants! Mais, malgrè cela, je ne regrette pas d'avoir lu ce monument de la littérature islandaise!

Retour à l'accueil