Le meilleur des mondes de Aldous HUXLEY

4ème de couverture: An 2500. Technologie et science remplacent la liberté. Les êtres naissent in vitro, les émotions et les sentiments sont rempalcés par des sensations programmées. La société est organisée, hiérarchisées et uniformisée, chaque être, rangé par catégorie, à sa vocation, ses capacités et ses envies, maitrisées, disciplinées, accomplies. Mais un homme pourtant est né dans cette société, avec chose affreuse, un père et une mère et, pire encore, des sentiments et des rêves. Ce “Sauvage” peut-il être un danger pour le “monde civilisé”?


Une phrase: Et le fait d'être satisfait n'a rien du charme magique d'une bonne lutte contre le malheur, rien du pittoresque d'un combat contre la tentation, ou d’une défaite fatale sous les coups de la passion ou d'un doute”


Au fil de ce blog, vous avez dû comprendre que j'apprécie beaucoup les romans de science fiction et d'anticipation. Forcément, je me devais de lire ce roman, mondialement connu et classique du genre. Cela fait un petit moment que j'avais envie de le lire d'ailleurs. J'avais lu plusieurs fois la quatrième de couverture, l'avais feuilleté, et débuté la lecture des premières pages. Comme il était toujours sorti à la bibliothèque, j'ai décidé de l'acheter.

Peut-être que la déception que je ressens en refermant ce livre est en partie dûe à cette trop grande attente, au fait que je m'étais imaginé une autre histoire, ou tout du moins d'autres péripéties, une autre évolution de la situation de départ que je trouvais intéressante: ce sauvage confronté à une civilisation que nous pourrions qualifier de monstrueuse, un monde horrible, vers lequel pourtant nous pourrions tendre avec cette volonté de certains de tout contrôler. Les données de départ me faisaient penser à ces scientifiques qui rêvent de créer l'enfant parfait, qui promettent pour les années à venir des embryons sur mesure, avec sélection préalable par les parents de la couleurs des cheveux, des yeux, de l'aspect physique, des capacités intellectuelles,... Des dérives inquiétantes qui partent d'un bon sentiment: manipuler génétiquement les embryons pour supprimer le risque de développer certaines maladies génétiques; mais rapidement cette nouvelle technologie deviendrait un moyen de contrôle, permettant de décider qui à le droit de vivre ou non. Bref, de manière assez visionnère (puisque ce livre fut écrit en 1931) Aldous Huxley explore ces dérives, et comment la recherche du bonheur à tout prix et de la stabilité engendre l'acceptation de la privation de liberté. Bien sûr, c'est intéressant, effrayant parfois, mais ce n'est pas l'histoire que je m'attendais à lire. Elle est trop philosophique, trop axée sur les questions de liberté, de religion et de sexualité. Là encore, je me dois de replacer le livre dans son contexte historique, culturel pour comprendre ces orientations de l'auteur, mais pour moi, lectrice de 2014, cette histoire sonne un peu faux. Je m'attendais à d'autres réactions des différents personnages, et notamment de ce sauvage. Trop peu de révoltes, comme d'interrogations, de confrontations de part et d'autre. Je fus également surprise de ce parti pris : la “réserve à sauvages”, autrement dit un espace où les êtres humains ne sont pas soumis à cette nouvelle civilisation, est peuplée uniquement d'indiens... Ou encore, le fait que seuls les hommes refusent cette réalité, tentent de la changer et s'indignent, alors que les femmes ne se posent aucune question.

Il y aurait encore beaucoup de petits exemples pour expliquer pourquoi je n'ai pas totalement adhéré à cette histoire, mais je crois vraiment que ce décalage vient du fait que ce roman a été écrit il y a 80 ans, et que la vision du progrès, de la modernité, de la liberté, des dérives de la science a grandement évolué...

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