L'intérieur de la nuit de Léonora MIANO

4ème de couverture: Ayané était venue étudier en France. Quand elle retourne à Eku, le village qui l'a vue naître au cœur de l'Afrique, elle trouve un lieu désolé, déserté par les hommes qui travaillent au loin, où femmes, enfants et vieillards vivent en marge du monde, dans la misère et l'ennui. La guerre civile ravage le pays. Un soir, des miliciens envahissent le village:ils veulent des garçons pour grossir leur armée, et des filles pour la troupe. Surtout, ils prétendent restaurer l'unité du peuple africain, lui rendre son âme. Une cérémonie se prépare, au cours de laquelle ils imposeront aux villageois de commettre une terrible transgression. Une longue nuit commence...


Une phrase: Tu ne peux pas te tenir au bord du fossé au fond duquel ils se débattent, cet abîme d'ignorance et de superstitions, pour ne faire que les y enfoncer un peu plus.”


J'avais lu, et j'ai même acheté “Contour du jour qui vient” de cette même auteure, mais j'avoue n'en avoir gardé qu'un vague souvenir... Ce n'est donc pas la lecture de ce livre qui a orienté le choix de celui-ci, non, c'est vraiment la 4ème de couverture qui m'a donnée envie de l'emprunter. Je pressentais une histoire forte, violente mais tellement actuelle...

Effectivement, ce roman traite de la barbarie des Hommes et de la manière de s'y soumettre ou d'y résister, d'accepter ou de refuser, de choisir entre la dignité et la vie,... Et elle pose forcément la question “moi, comment je réagirai dans une telle situation?” et aussi “N'étant pas confronté à un tel choix, ai-je le droit de juger ceux qui le sont?”. Bref, c'est un livre profond, qui remue ce qu'on a l'intérieur, au sens figuré comme au sens propre, car il est vrai que certains passages sont très très durs, à la limite du supportable. C'est une telle violence, une telle barbarie, décrite si cruement, qu'à un moment, j'ai eu des hauts-le-coeur, et j'ai dû stopper ma lecture pour aller respirer un peu dehors... Vous voilà prévenus : âmes sensibles, s'abstenir!

Mais au-delà de ça, ce roman est une immersion dans l'Afrique profonde, rurale, dans ses traditions, ses croyances, sa philosophie de vie au jour le jour, son fatalisme. C'est touchant, parfois surprenant ou révoltant. Le point de vue de Léonora Miano sur son continent amène vraiment le lecteur à se questionner et à réfléchir. En plus, c'est très bien écrit et agréable à lire! En refermant ce livre, je me dis qu'il faudrait que je relise “Contours du jour qui vient”!

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