Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick MONDIANO

4ème de couverture: “- Et l'enfant? Demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l'enfant?

- Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie...

- Ils l'avaient certainement inscrit à une école...

- Oui. A l'école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d'une grippe.

- Et à l'école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage...

- Non, malheureusement. Ils ont détruit l'école de la forêt il y a deux ans. C'était une toute petite école vous savez...”

Une phrase: Il n'y pensait plus depuis de nombreuses années, si bien que cette période de sa vie avait fini par lui apparaître à travers une vitre dépolie.”

Petit pause dans mon challenge pour lire le fameux prix Nobel de littérature 2014 (gentillement prêté par ma maman. Merci! Et voici son avis sur ce livre http://passionnement1457.over-blog.com/2015/01/pour-que-tu-ne-te-perdes-pas-dans-le-quartier-de-patrick-modiano.html ).

Mon avis maintenant! La première chose que je pourrais dire sur ce livre est que je l'ai lu en deux jours, deux soirs de suite avant de m'endormir et que j'ai fait des cauchemars ces deux nuits (sensation d'errer, de me perdre dans des maisons, des impasses, des forêts, d'être poursuivie, et un malaise certain au réveil...) Non pas qu'il s'agisse d'un thriller ou d'un livre fantastique, mais j'ai trouvé dans ce roman, dans l'écriture, une forte évocation anxiogène. A quoi est-elle dûe? Peut être au fait que le héros lui-même lâche dès le début qu'il a affaire à “une voix menaçante” au téléphone, un inconnu qui surgit assez étrangement dans sa vie. Il partage avec le lecteur son sentiment d'insécurité et de doute, au fur et à mesure des pages. Cette sensation que l'on ressent en lisant toutes ces pages naît certainement de l'impression de ne pas comprendre cette histoire. Le héros, Jean Daragane, ne nous donne pas les clés pour comprendre son récit ; d'ailleurs il perd souvent les clés... Il nous entraîne dans ses souvenirs incomplets. A-t-il oublié? Est-ce que tous ces évènements ont bien eu lieu? Peut-on se fier à cet homme qui ne sait plus lui-même ce qui fut réel ou pas? Et qui sont toutes ces personnes et tous ces lieux? J'ai suivi Daragane dans sa quête de son passé, sa tentative de le comprendre des années après. Et je me suis un peu perdue, comme lui sûrement, dans les dates (le récit de l'enfance, du jeune adulte, du présent), les lieux et ces personnages, autant de noms étranges, inquiétants, qui apparaissent puis disparaissent dans le récit sans qu'on comprenne très bien leur rôle... Et tout le long de ce roman, je me suis dit “mais qu'est-ce que c'est que cette histoire? Où veut-il en venir?” Je crois que le héros ne sait pas lui-même où il veut aller (au contraire de l'auteur!), il veut retrouver son chemin dans le quartier qu'est son passé.

Alors au final que dire de ce livre si ce n'est qu'il est surprenant, inhabituel, qu'il sort de l'ordinaire, de ces histoires qu'on nous raconte et que c'est certainement pour cela qu'il dérange. Alors oui, je vous en conseille la lecture, mais attendez vous quand même à être un peu bousculé... et perdu!

Et enfin teasing: reprise du challenge "un an autour du monde", je m'envole pour l'Asie!

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