10ème pays du Challenge : le Chili

10ème pays du Challenge : le Chili

L'ombre de ce que nous avons été de Luis SEPULVEDA

Titre original: La sombra de lo que fuimos

4ème de couverture: Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste. Il a convoqué ces trois anciens militants de gauche, de retour d'exil trente-cinq ans après le coup d'Etat de Pinochet, pour participer à une action révolutionnaire.

Un tourne disque jeté par une fenêtre au cours d'une dispute conjugale va tout remettre en question, jusqu'au moment où resurgit dans la mémoire des complices l'expression favorite du Spécialiste: « on tente le coup?»

L'auteur nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l'Histoire récente et l'exil, mais qui n'ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire aux rêves.

Ce roman est un exercice de virtuosité littéraire au service d'une histoire émouvante et sombre jouée par des perdants. Un roman écrit avec le coeur et l'estomac pour toucher et faire rire et penser.

Il a reçu en Espagne le PRIX PRIMAVERA 2009.

Une phrase: Il voulait répondre: on ne revient pas de l'exil, toute tentative est un leurre, le désir absurde de vivre dans le pays gardé dans sa mémoire.

Un tout petit roman chilien. J'ai hésité avec d'autres roman de Luis SEPULVEDA, mais le titre poétique de ce livre et la quatrième de couverture ont eu ma préférence sur les autres ouvrages. L'histoire de ces papys qui, après des années, gardent haut leur idéaux révolutionnaires et s'engagent de nouveau dans la bataille me plaisait particulièrement (surtout à notre époque où chacun se résigne et ne se bat plus pour rien).

Ce livre m'a beaucoup plu, même si je dois avouer que j'ai un peu été perdue dans cette histoire. D'abord à cause des noms des personnages: ils ont des sonorités auxquelles je ne suis pas habituée et j'avais l'impression qu'ils se ressemblaient tous. J'ai un peu eu tendance à confondre les trois sexagénaires... D'ailleurs, j'ai relu le premier chapitre deux fois, car d'entrée de jeu j'étais paumée! Ensuite, je ne connais quasiment pas l'histoire du Chili. Bien sûr, je sais qui est Pinochet, mais les circonstances de son arrivée au pouvoir et la place de l'extrême gauche dans ce pays alors, là je n'en connaissais rien. Or l'aspect historique tient une place importante dans ce roman. Bien sûr, on peut le comprendre sans connaître tout cela (comme je l'ai fait) mais je me dis que je suis surement passée à côté d'une certaine nuance du récit... Enfin, le côté positif est que ce roman m'a donné l'envie de me renseigner un peu sur l'histoire de ce pays.

Sinon, du côté plus stylistique, j'ai énormément aimé la façon dont Luis Sepulvéda m'a raconté cette histoire. C'est très agréable à lire. Tous les personnages sont attachants, et chaque scène intense, même si elle ne dure que quelques pages. Au final, ce roman n'est pas long, mais il s'y passe beaucoup d'actions et de rebondissements, ce qui laisse une sensation de densité, de récit bien rempli et bien mené.

Pour conclure, ce roman a éveillé en moi une curiosité pour un pays et un auteur! Mission donc remplie, et prochainement je lirais un autre roman de Sepulveda.

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