4ème de couverture: C'était en 1972. Seule femme sur 92 pilotes, Anne-France Dautheville, 28 ans, participe à un raid moto entre Paris et Ispahan. Depuis l'Iran, elle poursuit en Afghanistan avec onze motards, puis au Pakistan avec quatre. Trois mois plus tard, à son retour en France, des rumeurs circulent : elle serait lesbienne, nymphomane, et surtout, n'aurait suivi le raid qu'en camion. Furieuse, elle débarque à la rédaction du magazine Champion et déclare “Je repars, toute seule!” Canada, Alaska, Japon, Inde, Afghanistan... au cours de son périple autour du monde sur une fragile Kawasaki 100cc, les rencontres vont se succéder et prendre le pas sur les paysages. La fureur de vivre de cette icône biker au franc-parler nous fait rêver aujourd'hui, avec nostalgie, à une époque où l'on pouvait encore être joyeux, libre, et où la Terre était un espace ouvert.


 

Une phrase: “A la campagne, où les joies sont plus saines, les cinémas plus rares, et les curés plus autoritaires, la femme est encore faite pour se marier, porter des jupes et fabriquer des enfants. Quand elle se promène sur une moto, ce n'est plus une femme. C'est autre chose. Quoi? On ne sait pas au juste... Un être à moteur, une erreur de la nature.


 

Déjà je tiens à remercier Babelio de m'avoir envoyé ce livre dans le cadre de sa masse critique.

Je lis peu de récits de voyage, mais mon cher et tendre en rafole et donc il y en a beaucoup dans notre bibliothèque. Je me suis lancée dans cette lecture un peu vers l'inconnu : je ne savais pas trop à quoi m'attendre! Je pensais trouver de longues descriptions de paysages, et des portraits d'étrangers rencontrés lors de son périple. Je craignais que ce récit soit très axé moto, alors que ce n'est pas trop mon truc. En fait, c'est surtout le récit d'une aventure humaine. Anne-France Dautheville s'attache plus à nous parler de ses rencontres (bonnes ou mauvaises), de ses expériences (grandes aventures ou petits tracas) qu'à décrire stricto census le paysage et le voyage. On ignore combien de temps elle a mis pour parcourir telle distance, et parfois même les circonstances, sauf quand elles sont vraiment mauvaises (routes carrément dangereuses!) D'ailleurs on oublie presque la moto (sauf quand elle refuse de rouler et fait des siennes sur le trajet). Le voyage pourrait se faire en bus, en voiture, à dos de chameau, peu importe!

Ce que j'ai apprécié, c'est que l'auteur est vraiment entière, franche, elle dit les choses comme elle les pense et comme elle les vit. Quand elle aime une personne, un pays, elle l'adore. Et quoiqu'il arrive, elle en montre les bons côtés. Par contre, quand elle n'aime pas, elle n'aime pas! Quelques mauvaises expèriences au Japon ou en Iran, et c'est tout le pays qu'elle jète avec l'eau du bain! Cela est parfois un peu trop catégorique pour moi. Mais je pense que c'est là le reflet du tempérament de l'auteur. Elle dit les choses sans détour, et elle n'essaye pas de mentir ou de tricher. Quand elle n'a pas pu rouler en moto et qu'elle a emprunté train, bus, voiture, charrette, elle le dit!

Souvent, il fallait que je replace ce récit dans son contexte. J'avais tendance à oublier qu'il se déroule dans les années 70. Et par conséquent, les pays traversés sont bien différents de ce qu'ils sont aujourd'hui! C'est rigolo, ce regard du passé, ce saut dans le temps! Une femme pourrait-elle refaire le même trajet aujourd'hui? Surtout à moto??!!

Enfin, si je peux vous conseiller ce livre, c'est parce qu'il est très agréable à lire! J'aime beaucoup la manière dont Anne-France Dautheville nous relate son histoire. C'est à la fois simple, mais bien écrit. Le texte est vivant, il parle, il râle parfois (souvent?). On ne lui pas une histoire, on vit l'histoire, les péripéties, les rencontres, le voyage.

Bref, un bon livre que mon cher et tendre a également bien apprécié.

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