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mes lectures

2013-02-19T19:33:41+01:00

L’attentat de Yasmina KHADRA

Publié par 1000N1

4ème  de couverture: Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l’hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d’origine arabe, opère à la chaine les survivants de l’attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d’urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe sous ses pieds : il s’agit de sa propre femme.

Comment admettre l’impossible, comprendre l’inimaginable, découvrir qu’on a partagé, des années durant, la vie et l’intimité d’une personne, dont on ignorait l’essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien…

 

 

Une phrase : «Si elle avait gémi quelquefois, je l’aurais crue chanter car je ne pouvais la soupçonner à la périphérie de mon bonheur alors qu’elle l’incarnait en entier. »

 

 

Magnifique ! C’est le premier mot qui me vient à l’esprit alors que je referme ce livre. Tout est sublime dans ce roman, du récit à l’écriture.

Tout d’abord, il s’agit d’une histoire forte, pleine d’émotions, et malgré la noirceur des propos et de l’environnement de l’histoire, je ne l’ai pas trouvé négative. Bon, je ne peux pas non plus dire que le récit est très optimiste ; il est plutôt réaliste sur le conflit régnant en Palestine, cherchant à comprendre les différentes manières de le vivre, sans pour autant les justifier. Ce qui fait, je crois, que ce récit reste plein d’espoir, malgré tout, ce sont ces petites phrases, ça et là, sur le bonheur, le sens de la vie, l’absurdité du conflit, qui montrent qu’il y a encore des raisons d’espérer, tant que des hommes croient en la paix et refusent de se laisser gagner par la haine. Le personnage principal est donc très attachant : vrai, entier, on le sent bouleversé et sans repère face au drame qui l’atteint, et luttant pour ne pas sombrer dans la folie de la vengeance. En fait tous les personnages semblent extrêmement réels, très différents les uns des autres, et complexes. Le récit est extrêmement bien construit, et fourni, entretenant le suspens jusqu’à la fin.

Quant à l’écriture, elle est également très belle. C’est un plaisir de lire un roman si bien écrit, rythmé et poétique. Le style est agréable. Les mots sont bien choisis ; actions, dialogues et descriptions s’enchainent parfaitement, donnant à voir au lecteur à la fois ce que vit, ce que pense et ce que ressent le personnage principal.

En conclusion, c’est une histoire émouvante, qui fait du bien et m’a donnée envie de lire d’autres livres de Yasmina Khadra.

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2013-02-18T10:42:05+01:00

L’étourdissement de Joël EGLOFF

Publié par 1000N1

4ème de couverture: « Le matin ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait du matin. Si on n’a pas l’habitude, on ne le remarque même pas. La différence est subtile, il faut avoir l’œil. C’est juste un ton plus clair. Même les vieux coqs font plus la différence.

Certains jours, l’éclairage public ne s’éteint pas. Le soleil s’est levé, pourtant, forcément, il est là, quelque part au-dessus de l’horizon, derrière les brumes, les fumées, les nuages lourds et les poussières en suspension.

Il faut imaginer un sale temps par une nuit polaire. C’est à ça qu’elles ressemblent nos belles journées. »

Un humour irrésistible, qu’illumine une réelle poésie, fait le charme de ce quatrième roman de Joël Egloff – auteur, entre autres ouvrages, d’Edmond Ganglion & Fils

Une phrase : «J’ai des souvenirs qui ressemblent à des oiseaux mazoutés, mais ce sont des souvenirs quand même. On s’attache même aux pires endroits, c’est comme ça. Comme le graillon au fond des poêles. »

Pas de surprise, la poésie annoncée en quatrième de couverture est bien présente. L’écriture est belle et simple, anecdotique ; elle court de page en page. Ce petit roman se lit en un clin d’œil, ce qui est encore facilité par les chapitres qui s’enchainent comme autant de petits morceaux de vie.

On sait peu de chose du narrateur et pourtant je me suis attachée à lui, malgré son côté fataliste et nonchalant – il rêve d’un ailleurs, mais se "conforte" dans sa routine quotidienne, la seule qu’il connaisse. Et pourtant quelle routine ! Oui, car si la poésie est là, il y a surtout le Glauque ! Omniprésent, il met mal à l’aise parfois, et pourrait facilement être insupportable sans l’art de l’auteur. Ce quotidien affreux, il le rend presque beau grâce au regard candide et spontané de son personnage principal et à l’humour.

Bon, quelques détails sur ce glauque pour que ce soit plus parlant ! Le narrateur travaille comme un forcené dans un abattoir, passe ses jours de repos dans la forêt à récupérer des déchets qui peuvent toujours servir, se balade le long de la voie ferrée et de la décharge, passe ses vacances à la station d’épuration, rend visite à un ami à la casse auto, … Pas vraiment idyllique cette vie ! Mais comment s’en plaindre quand on n’a jamais rien connu d’autre…

Bref, j’ai beaucoup aimé ce livre, le côté décalé du récit et l’écriture directe et sensible. Un bon petit roman, surprenant, qui donne envie de lire d’autres livres de Joël Ergoff, pour vérifier s’ils sont tous aussi insolites.

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2013-02-16T11:41:01+01:00

La Secte des égoïstes d’Eric-Emmanuel SCHMITT

Publié par 1000N1

4ème  de couverture: A la bibliothèque nationale, un chercheur découvre la trace d’un inconnu, Gaspard Languenhaert, homme du XVIIIè siècle, qui soutient la philosophie « égoïste ». Selon lui, le monde extérieur n’a aucune réalité et la vie n’est qu’un songe. Intrigué, le chercheur part à la découverte d’éventuels documents.

Mystérieusement, toutes les pistes tournent court. Conspiration ? Malédiction ?

La logique devient folle, cette enquête l’emmène au fond de lui-même, emportant le lecteur avec lui dans des vertiges hallucinants.

 

 

Une phrase : « Ainsi un homme, un jour, dans l’histoire du monde, avait théorisé ce que j’éprouvais si souvent, ce sentiment qui m’avait gagné tout à l’heure… l’impression nauséeuse que les autres et les choses n’existaient pas… l’idée d’être la seule conscience vivante, perdue au milieu d’un univers des songes… ce doute, ce doute moite, cotonneux, envahissant, qui vide le réel de sa réalité... »

 

 

Un roman d’Eric-Emmanuel Schmitt bien différent de ceux que j’avais pu lire jusqu’à présent. Si l’auteur cherche là aussi à nous faire réfléchir sur le sens de la vie et la condition humaine, l’histoire est plus alambiquée, constituée de récits qui s’entremêlent, se recoupent, se superposent sur le thème de la religion et de la mégalomanie. Néanmoins, ce livre se lit vite, il est concis (124 pages), et bien que philosophique, il est très clair et abordable.

Malgré tout, je n’ai pas vraiment accroché, j’ai traversé cette histoire sans m’attacher ni aux personnages, ni au récit. On pourrait dire « vite lu ».

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2013-02-14T12:29:12+01:00

L’enfant de Noé d’Eric-Emmanuel SCHMITT

Publié par 1000N1

4ème  de couverture: « - Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d’être chrétien, et moi je ferai semblant d’être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ?

- Juré »

1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?

Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim et de Oscar et la dame en rose qui ont fait d’Eric Emmanuel Schmitt l’un des romanciers français les plus lus dans le monde.

 

Une phrase : « Joseph, tu aimerais savoir laquelle des deux religions est la vraie. Mais aucune des deux ! Une religion n’est ni vraie ni fausse, elle propose une façon de vivre. »

 

Une jolie histoire sur la guerre et les religions. Ici il s’agit de la deuxième guerre mondiale, mais au fond il pourrait bien s’agir de n’importe quelle guerre, celles qui brandissent Dieu comme étendard mais au fond trouve sont mues par la peur et la méconnaissance de l’autre. Et bien ce livre casse les clichés. Tant mieux !

Avec son écriture fluide et efficace, Eric-Emmanuel Schmitt va droit au but (actions, dialogues) sans se perdre dans les détails, et c’est pas pour me déplaire !

Si je relirai des livres d’Eric-Emmanuel Schmitt ? J’en ai déjà lu quelques uns, alors pourquoi pas un de plus…

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2013-02-13T18:01:06+01:00

L’autre fille d’Annie ERNAUX

Publié par 1000N1

 

4ème  de couverture: « Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystèrieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n’as pas été sauvée, moi le démon j’étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. »

 

Une phrase : « je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une grande différence. »

 

C’est un court récit, une lettre destinée à cette sœur ainée, qui aura pour toujours 6 ans, à cette sœur que l’auteur n’a jamais connue que par les photos et les discours des autres, notamment LE discours de sa mère. C’est une lettre qui ne sera donc jamais envoyée, jamais lu par son destinataire,… mais à qui est-elle destinée ? Pour qui écrit-on ces mots là ? Pourquoi ?

Une écriture simple, efficace, qui m’a touchée et fait réfléchir. Pour sûr, je lirais d’autres livres d’Annie Ernaux ! Et d'autres lettres des Affranchis..

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