
4ème de couverture: L'anniversaire du grand-père s'éternise. Scarlett ne supporte plus la présence des triplés, ses cousins aux yeux délavés. Pour les effrayer, elle leur parle du fantôme qui lui rend visite à la nuit tombée. Celle qu'elle appelle Bonnie, comme dans Autant en emporte le vent, s'est évaporée trente ans plus tôt. Les adultes, inconsolés, se souviennent. Sauront-ils enfin s'avouer ce qu'ils ont sur le coeur?
"Notre sœur, c'était un oiseau. Une fée, un papillon, ça ne vit jamais très vieux, c'est trop beau, trop fragile."
Quelques phrases : "Ce n'est pas vrai, pensa-t-il, ils n'étaient pas tous réunis, il manquait sa fille. Il manquait Violette. Il ne s'était pas passé un jour sans qu'il pense à elle. Il se leva pour dire un mot à l'assemblée. La tête lui tourna, il avait trop bu, il ne devait pas gâcher la fête avec ses souvenirs. Il se rassit."
Voici donc le deuxième roman sur le thème de la famille! Et même une grande famille! On pourrait presque s'y perdre, lors de ce grand week-end de rassemblement pour les 70 ans du patriarche. Mais justement pour qu'on ne s'y perde pas, l'auteur a doté ses personnages de prénoms assez improbables (Achille, Stella, Scarlett, Noé, Merlin, etc...) et nous a même fait cadeau d'un petit arbre généalogique au début du roman. Personnellement, j'ai trouvé que c'était un peu trop. J'aime bien prendre le temps au début d'un roman de découvrir qui est qui et leurs liens entre eux. J'ai eu l'impression, avec cette présentation schématique, que l'auteur voulait gagner du temps. De même, en abordant dès le départ ce qui est sensé être un secret de famille – le décès de l'un des enfants de la fratrie – elle m'a un peu volé le plaisir de le découvrir au fil des pages.
Pour revenir à ce récit, je trouve que l'histoire est vraiment originale. L'auteur a pris soin de réellement crée toute une famille, avec des liens plus ou moins distendus entre ses membres, des relations parfois conflictuelles, et des personnages en proie à leurs propres tourments. On sent vraiment que chacun a été réfléchi, travaillé. On sent le sens du détail et l'envie d'être au plus près de la réalité. D'ailleurs, ça marche, on croit à ces personnages, à cette famille, particulière, à son histoire chaotique. Je regrette seulement que tout cela soit donné à lire en moins de 200 pages. Il y aurait tellement à dire, tellement d’événements à développer plus, tellement d'histoires à raconter. C'est dommage que l'auteur ne laisse pas plus de temps à son récit. Et de ce fait, on ne s'attache pas vraiment aux personnages. Pour ma part, je les ai trouvé quasiment tous antipathiques.
Je ferme donc ce roman avec un avis mitigé, car je pense qu'il aurait pu être encore mieux si l'auteur avait laissé l'histoire se dérouler à son rythme, sans la condenser.