11ème pays du Challenge : l'Allemagne

11ème pays du Challenge : l'Allemagne

Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

Titre original: Der geschmack von appelkernen

4ème de couverture: A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur masion de famille, à Bootshaven, dans le Nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.

Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.

Une phrase: J'en déduisis que l'oubli n'est pas seulement une forme du souvenir, mais que le souvenir est aussi une forme de l'oubli.”

Me voilà chez nos voisins allemands!. A dire vrai, cette histoire pourrait très bien se dérouler en France. Ou ailleurs. C'est une histoire assez universelle en fin de compte : une histoire de famille, d'une famille dans sa maison. Car la maison est bien le lien entre tous les personnages, ce qui les relie, qui les lie à tout jamais, malgré eux. C'est surement le cas pour chacun d'entre nous : cette maison familiale, cette maison d'enfance, gardienne des souvenirs bons ou mauvais, où on prend plaisir à revenir (ou pas si les souvenirs sont plutôt douloureux).

Bon, pour parler plus particulièrement du roman, je dois reconnaitre que lors des premières pages je me suis dit “oulàlà, je vais jamais suivre!” Et oui, j'étais légèrement perdue entre ces huit femmes, quelques difficultés à identifier chacune et à la replacer dans l'arbre généalogique. Mais ce sentiment s'est vite estompé. La narratrice nous présente sa famille au fil du récit : leurs liens plus ou moins compliqués, et l'histoire personnelle de chacune. L'auteur parvient particulièrement bien à décrire cet ensemble de souvenirs et de sentiments mitigés, qui rassemblent et opposent les soeurs, les mères et les filles, les nièces et les tantes. On s’immisce petit à petit dans la vie de cette famille, dans son histoire, au même rythme qu'on découvre la vieille maison de famille endormie. On cherche à mieux les comprendre, et surtout, comme on le sens dès le début, à en percer le secret (le secret de la maison, intimement lié à celui de la famille). En fait, il n'y a pas un secret, mais une série de secrets, de non-dits, d'événements cachés, travestis, plus ou moins sus par tous mais qu'on préfère oublier, et taire. C'est aussi et surtout le thème de l'oubli qui est traité dans ce roman. Les oublis involontaires de la grand-mère qui perd la mémoire, jusqu'à la crainte suprême d'oublier son propre prénom, et les oublis nécessaires, ceux qui permettent de ne pas s'effondrer, de ne pas perdre pied et de continuer à vivre. A travers cette belle histoire, il y a donc toute une philosophie sur la vie.

Quant à l'écriture, je l'ai beaucoup appréciée. Ce mélange de récit, de flash-back, de description, de philosophie donne un petit cocktail délicieux. L'histoire est bien menée entre présent et passé, maintenant le suspens (bon parfois un peu trop, surtout quand l'auteur s'arrête en plein milieu d'une révélation sous prétexte que ce n'est pas encore le moment!) Cependant, j'ai lu les chapitres les uns après les autres, avec une envie grandissante de connaitre le dénouement. J'espère que mon article vous aura donné également envie de lire ce roman!

Et comme je sais que ma soeur a aussi lu ce roman, je vous mets le lien vers son blog ;-) http://lydianeyannick.over-blog.com/article-le-gout-des-pepins-de-pomme-115881188.html

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